Guide · L’animal
Les races de chèvres françaises
La France reconnaît officiellement 10 races de chèvres : deux grandes laitières, l’Alpine et la Saanen, qui assurent l’essentiel des 1,4 million de têtes du cheptel, une race à fibre, l’Angora, et sept races locales sauvées de l’extinction — Rove, Poitevine, Pyrénéenne, Provençale, Corse, chèvre des Fossés et chèvre du Massif Central. S’y ajoute la chèvre naine, reine des jardins. Ce panorama les compare et vous aide à choisir selon votre projet, avant d’élever des chèvres chez soi.
Quelles sont les principales races de chèvres en France ?
Six races couvrent la quasi-totalité des situations rencontrées par un éleveur ou un particulier : les deux laitières nationales, deux rustiques emblématiques de leur terroir, la seule chèvre à fibre et la chèvre de compagnie. Chaque fiche détaille la carte d’identité complète de la race.
- Laitière · ≈ 900 L/an
La chèvre Alpine
Robe chamoisée, tempérament vif : plus de la moitié du cheptel laitier français.
- Laitière · jusqu’à 950 L/an
La chèvre Saanen
Blanche, placide, d’origine suisse : la championne du volume, à l’aise en bâtiment.
- Rustique · Provence
La chèvre du Rove
Cornes en lyre spectaculaires, lait rare et riche : le berceau de la brousse du Rove.
- Rustique · Poitou
La chèvre Poitevine
Robe « cape de Maure », douce et familière, liée à l’histoire du Chabichou.
- Fibre · Mohair
La chèvre Angora
La seule chèvre élevée pour sa toison : 4 à 6 kg de mohair par an, en deux tontes.
- Compagnie · ≈ 20 kg
La chèvre naine
Le format jardin : 45 cm au garrot, 15 ans de vie et un caractère de clown.
Tableau comparatif des races de chèvres
Les productions laitières indiquées sont des moyennes par lactation (environ 300 jours) ; les races locales, souvent traites en saison seulement, produisent moins mais un lait plus concentré, recherché des fromagers fermiers.
| Race | Vocation | Lait / lactation | Poids (chèvre) | Tempérament | Effectifs |
|---|---|---|---|---|---|
| Alpine | Lait | ≈ 900 L | 50–70 kg | Vive, curieuse | ≈ 55 % du cheptel laitier |
| Saanen | Lait | Jusqu’à 950 L | 60–80 kg | Placide | ≈ 35 % du cheptel laitier |
| Poitevine | Lait fromager | 400–550 L | 50–65 kg | Calme, familière | Quelques milliers |
| Rove | Lait riche, viande, débroussaillage | 250–400 L | 50–60 kg | Rustique, marcheuse | 5 000 à 10 000 |
| Pyrénéenne | Mixte, pastorale | Faible, saisonnière | 45–60 kg | Rustique, indépendante | Quelques milliers |
| Provençale | Mixte, parcours | Faible à modérée | 45–60 kg | Rustique | Environ un millier |
| Corse | Lait fromager, parcours | 150–250 L | 35–50 kg | Semi-sauvage, sobre | ≈ 30 000 |
| Chèvre des Fossés | Éco-pâturage | Faible | 40–55 kg | Docile, très rustique | Environ un millier |
| Chèvre du Massif Central | Mixte fermière | Modérée | 50–65 kg | Calme, rustique | 1 000 à 3 000 |
| Angora | Fibre (mohair) | Non traite | 30–40 kg | Docile, grégaire | Quelques milliers |
| Naine | Compagnie | Anecdotique | 15–25 kg | Joueuse, attachante | Non recensés, en forte hausse |
Quelle race de chèvre choisir selon votre projet ?
Pour produire du lait ou du fromage
L’Alpine et la Saanen dominent sans contestation : sélectionnées depuis un siècle, suivies par le contrôle laitier, elles donnent 3 à 4 litres par jour en pleine lactation. L’Alpine marche mieux au pâturage, la Saanen valorise mieux le bâtiment. Un fromager fermier qui vise un produit de terroir choisira plutôt une race locale : le lait moins abondant mais plus riche de la Poitevine ou de la Rove caille remarquablement — c’est tout l’intérêt de faire son fromage de chèvre avec un lait à fort taux.
Pour un élevage familial
Deux ou trois chèvres pour le lait de la maison : la Poitevine, docile, ou une Alpine de réforme cédée par un élevage laitier conviennent bien. Comptez 500 m² de parcours clôturé par animal, du foin à volonté et les obligations légales décrites dans la fiche élever des chèvres chez soi.
Pour la compagnie ou l’éco-pâturage
La chèvre naine reste le meilleur choix au jardin : 20 kg, peu de dégâts, une longévité de 15 ans. Pour débroussailler ronces et friches, les rustiques — Rove, chèvre des Fossés, Pyrénéenne — sont conçues pour cela : la chèvre broute par le haut et vient à bout d’un roncier là où le mouton cale.
Pour la fibre
Cas unique, l’Angora ne se trait pas : elle se tond, deux fois par an, pour son mohair. Un petit troupeau bien mené fournit un atelier de transformation textile en circuit court.
Les races locales sauvées de l’extinction
Dans les années 1970, l’intensification laitière avait presque effacé les races régionales : la Poitevine était tombée sous le millier de têtes, la Rove ne survivait que dans quelques troupeaux transhumants provençaux. Des associations d’éleveurs, appuyées par les conservatoires régionaux, ont relancé ces populations à partir des années 1980. Leur atout aujourd’hui : rusticité, lait fromager et ancrage dans les appellations — la brousse du Rove est même la première AOP française réservée à une seule race de chèvre. Adopter une race locale, c’est participer directement à sa conservation ; leur alimentation de parcours, à base de ligneux, est aussi la moins coûteuse.
Avant d’acheter : visitez au moins deux élevages de la race visée et demandez le numéro de cheptel du vendeur ainsi que les documents d’identification (boucles). Pour les races locales, passez par l’association de sauvegarde de la race : elle oriente vers des reproducteurs inscrits et évite la consanguinité des petites populations.
Chaque race, son fromage
Chavignol de chèvres alpines, Chabichou du Poitou, brousse du Rove : découvrez les 8 AOP et leurs terroirs.
Questions fréquentes sur les races de chèvres
Combien de races de chèvres existe-t-il en France ?
La France reconnaît officiellement 10 races caprines : Alpine, Saanen, Angora, Corse, chèvre des Fossés, chèvre du Massif Central, Poitevine, Provençale, Pyrénéenne et Rove. S’y ajoute la chèvre naine, très répandue comme animal de compagnie mais originaire d’Afrique de l’Ouest.
Quelle est la meilleure race de chèvre laitière ?
Quelle race de chèvre choisir pour un particulier ?
Pour la compagnie, la chèvre naine : 20 kg, gabarit gérable sur 500 m². Pour un peu de lait familial, une Poitevine ou une chèvre de réforme Alpine. Dans tous les cas, il en faut au minimum deux : la chèvre ne vit jamais seule.